Étapes de la vie spirituelle (1)

À l’occasion de la parution de “La Félicité de connaître la Voie”

Je bénis Dieu de me donner maintenant la possibilité d’avoir cette rencontre avec vous. Ayant entendu qu’on vous avait donné ce petit livre (“La Félicité de connaître la Voie”) à tous, à chacun, j’ai pensé, à cause de cet événement dans notre vie, de parler avec vous pour qu’après mon départ vous ayez une idée comment nous avons bâti ce que nous appelons maintenant « notre Monastère ». Je rends grâce, je le répète, au Seigneur parce que maintenant je vois que votre état intérieur est préparé pour entendre ma parole.

Nécessité de la présence de porteurs de la connaissance spirituelle

Quand j’étais arrivé au Mont Athos, à partir du chœur où je me tenais comme novice, je pouvais voir les moines et j’ai senti qu’ils priaient d’une manière orthodoxe, et je me suis demandé : Encore… Διαβάστε τη συνέχεια του άρθρου »

Les Capacités Spirituelles

Tout a un sens religieux. Dieu est le créateur de tout. On ne peut pas dire que quelque chose soit sans rapport avec Dieu.

L’esprit est quelque chose de différent de l’âme et du corps, et en même temps il n’en est pas séparé. Il ne faut pas avoir une vision de l’esprit, de l’âme et du corps comme de facultés séparées. Il ne faut pas voir cela de manière scolastique, comme Aristote ou Thomas d’Aquin. Les trois sont distincts et en même temps unis, à l’image de la Trinité.

On peut distinguer trois grandes facultés dans l’homme : l’intelligence, la volonté et l’affectivité ou les sentiments.

Ces trois facultés doivent s’aider, se contrôler et se soutenir l’une l’autre. Quand l’une est déficiente, il faut faire intervenir les deux autres pour rétablir l’équilibre. Quand l’intelligence ou le sentiment sont déficients, il faut faire agir la volonté. Quand le sentiment et la volonté ne vont pas, il faut faire intervenir l’intelligence. Quand l’intelligence ou la volonté ne vont pas, il faut faire jouer le sentiment. Διαβάστε τη συνέχεια του άρθρου »

Image et Ressemblance (3)

Le but de la liberté, explique saint Grégoire de Nazianze, c’est que le bien appartienne en propre à celui qui le choisit. Dieu ne veut pas rester possesseur du bien qu’il a créé : il attend de l’homme plus qu’une participation aveugle, toute naturelle. Il veut que l’homme assume consciemment sa nature pour la posséder librement comme bonne, pour reconnaître avec gratitude dans la vie et dans l’univers les dons de l’amour divin.  Ancore…

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Image et Ressemblance (2)

Le monde suit l’homme, puisqu’il est comme sa nature : « l’anthroposphère » pourrait-on dire. Et ce lien anthropocosmique s’accomplit quand s’accomplit celui de l’image humaine avec Dieu son prototype : car la personne ne peut, sans se détruire, prétendre posséder sa nature, sa qualité notamment de microcosme dans le monde, mais trouve sa plénitude quand elle la donne, quand elle assume l’univers pour l’offrir à Dieu.

Nous sommes donc responsables du monde. Nous sommes la parole, le logos, dans lequel il se parle, et il ne dépend que de nous qu’il blasphème ou prie. A travers nous seuls le cosmos, comme le corps qu’il prolonge, peut recevoir la grâce. Car non seulement l’âme, mais le corps de l’homme est créé à l’image de Dieu. « Ensemble ils ont été créés à l’image de Dieu », écrit saint Grégoire Palamas.  Ancore…

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Image et Ressemblance (1)

La philosophie antique connaissait la condition centrale de l’homme et l’exprimait par la notion du « microcosme ». Pour les stoïciens en particulier, si l’homme est supérieur au cosmos c’est parce qu’il le résume et lui donne sens : car le cosmos est un grand homme tout comme l’homme un petit cosmos.  Ancore…

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La Création (3)

C’est pourquoi on ne peut objectiver le rien originel. Nihil, ici, veut dire simplement que rien « avant » la création n’existait « en dehors » de Dieu. Ou plutôt que cet « en dehors » et cet « avant » sont absurdes, puisque c’est justement la création qui les pose. Penser cet « en dehors » c’est se heurter au rien, c’est-à-dire ne plus pouvoir penser. Il n’existe que par la création, il est cet « espacement » même qui constitue la création. De même, on ne peut évoquer ce qui existait « avant » la création : le « commencement » n’a pas de sens en Dieu, il naît avec l’être créé, c’est la création qui constitue le temps dont l’avant et l’après sont des termes. Comme l’« en dehors », l’« avant » se ramène au nihil, supprime la pensée. L’un et l’autre, diraient les Allemands, sont des « concepts limites ». Ainsi toute la dialectique de l’être et du néant est absurde : le néant n’a pas d’existence propre (ce serait d’ailleurs une contradiction in adjecto), il est corrélatif à l’être même des créatures ; celles-ci ne sont fondées ni en elles-mêmes, ni dans l’essence divine, mais uniquement sur la volonté de Dieu. Cette absence de fondement propre est le néant. Le stable, le permanent pour la créature c’est donc son rapport à Dieu ; par rapport à elle-même elle se ramène au rien.  Ancore…

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La Création (2)

La création est donc un acte libre, un acte gratuit de Dieu. Elle ne répond à aucune nécessité de l’être divin. Même les motivations morales qu’on lui donne parfois sont platitudes sans importance : le Dieu-Trinité est plénitude d’amour, il n’a pas besoin d’un autre pour épancher son amour puisque l’autre est déjà en lui, dans la circumincession des hypostases. Dieu est donc créateur parce qu’il a voulu l’être : le nom de créateur est secondaire par rapport aux trois noms de la Trinité. Dieu est éternellement Trinité, il n’est pas éternellement créateur comme l’a cru Origène qui, prisonnier des conceptions cycliques de l’Antiquité, le mettait ainsi dans la dépendance de la créature. Si l’idée de création comme acte entièrement libre nous gêne, c’est que notre pensée viciée par le péché identifie la liberté et l’arbitraire ; Dieu nous apparaît alors comme un tyran fantaisiste. Mais si, pour nous, la liberté, quand elle n’adhère pas aux lois de la création (à l’intérieur de laquelle nous nous trouvons), est un arbitraire mauvais qui désagrège l’être, pour Dieu, qui transcende la création, la liberté est infiniment bonne : elle suscite l’être. Dans la création en effet, nous reconnaissons l’ordre, la finalité, l’amour, tout le contraire de l’arbitraire. Les qualités de Dieu, qui n’ont rien à faire avec notre pseudo-liberté désordonnée, s’y manifestent. L’être même de Dieu se reflète en la créature et l’appelle à participer à sa divinité. Cet appel et la possibilité d’y répondre constituent pour ceux qui se trouvent à l’intérieur de la création la seule justification de celle-ci.  Ancore… Διαβάστε τη συνέχεια του άρθρου »

La Création (1)

Le monde a été créé par la volonté de Dieu. Il est d’une autre nature que Dieu, il existe en dehors de Dieu, « non par le lieu mais par la nature » (saint Jean Damascène). Ces simples affirmations de la foi ouvrent sur un mystère aussi insondable que celui de l’être divin : le mystère de l’être créé, la réalité d’un être extérieur à la toute présence de Dieu, libre par rapport à sa toute-puissance, d’une intériorité radicalement nouvelle face à la plénitude trinitaire, pour tout dire la réalité de l’autre que Dieu, l’irréductible densité ontologique de l’autre.

Seul le christianisme, plus exactement la tradition judéo-chrétienne, connaît la notion absolue de création. La création ex-nihilo est un dogme de la foi. Elle trouve sa première expression dans la Bible, au second livre des Maccabées (7,28) où une mère, exhortant son fils au martyre, lui dit:  Ancore…. Διαβάστε τη συνέχεια του άρθρου »

Les deux « monothéismes » 2

Il vaut de s’arrêter un peu sur Plotin, qui représente peut-être le sommet de l’Antiquité non biblique, et dont la pensée sera assimilée et utilisée par de nombreux Pères (recevant par eux un véritable accomplissement).

Pour Plotin, le premier degré de la connaissance se situe dans l’âme du monde, qui intègre l’unité diverse du cosmos et dont les dieux sont autant d’aspects. Διαβάστε τη συνέχεια του άρθρου »